Théâtre
Canada français:
Livres:
Articles:
- Theatre of Commitment in Francophone Canada
- Les 15 jours de la dramaturgie des régions
- Francophonie canadienne en Outaouais - Les 15 jours de la
dramaturgie des régions

Les théâtres de création au Québec,
en Acadie et au Canada français.

Avec la collaboration d’Yves Raymond.
(2004) Montréal : vlb éditeur, 485 pages, ill.
Ce livre, comme un carnet de voyage. Voyages dans
le temps, vers le passé récent, pour essayer de comprendre,
et pour tenter d’établir des ponts avec ce que je comprends
d’aujourd’hui. Voyages dans ces espaces des villes,
des régions et du pays pour voir ces lieux où l’on
fait du théâtre, et pour entendre parler et rêver
celles et ceux qui le font. C’est un livre du voyage. D’un
voyage que j’ai commencé il y a longtemps déjà,
et dont je ne me lasse pas. Sortir de chez-moi, aller là
où le théâtre se passe, là où
ses artistes m’ont en quelque sorte donné rendez-vous.
Accepter l’invitation.
Dans les voyages, il y a la route et les haltes.
Dans le mien, les routes sont celles des tournées qu’empruntent
les compagnies et les artistes. En tout temps, et pour des rencontres
chaque fois nouvelles. Quant aux haltes, elles se sont produites
partout où les artistes s’arrêtent pour jouer
leur spectacle devant des publics, chaque fois différents.
Et puis, petit à petit, de 1975 à 2005, ces haltes
se sont produites de plus en plus souvent dans ces bâtiments
appelés théâtres qui ont été érigés,
aménagés un peu partout sur le territoire. Parmi tous
ces théâtres, ce sont les lieux de création
qui m’ont attirée, ces lieux voulus, aménagés
et habités par les artistes et les compagnies qui s’y
produisent. Lieux de création et territoires de l’imaginaire.
Il me semblait en effet que ces lieux habités me parlaient
du théâtre en train d’exister vraiment, de s’élaborer,
de se renouveler, d’inventer sa propre continuité.
Le bâtiment n’est rien sans ce qui l’habite. La
création théâtrale édifie le bâtiment
et le bâtiment donne à l’œuvre l’occasion
d’exister.
J’ai choisi de consigner dans mon carnet
ces lieux ouverts toute l’année, qui sont habités
par des compagnies de création qui façonnent leurs
saisons à partir d’œuvres nouvelles ou de la lecture
nouvelle de textes connus. Est considérée comme une
compagnie de création celle qui met en scène des œuvres
pour la première fois ou qui met à sa programmation
des pièces du répertoire dans la lecture actuelle
qu’en propose la mise en scène. Ne dit-on pas que les
compagnies portent la parole des auteurs alors que les théâtres
rendent possible celle des metteurs en scène?
(…)
J’ai d’abord dû me rendre à
l’évidence que nous devons nos théâtres
aux compagnies qui les animent. Sans elles et sans le désir
fondamental de leurs fondateurs et de leurs directeurs successifs,
nous aurions des maisons de la culture, des centres culturels et
des complexes culturels, mais pas de théâtres. Les
histoires racontées ici sont celles des entreprises des artistes
du théâtre d’ici.
(…)
Ce carnet est destiné à celles et
à ceux qui sont curieux de la façon dont le théâtre
est advenu et continue d’évoluer au Québec,
en Acadie et au Canada français.
Table des matières:
Comme un carnet de voyage
INNOVER
Des lieux en attente de compagnies:
La Place des Arts de Montréal et la Compagnie Jean Duceppe
- Le Centre national des Arts d’Ottawa et le Théâtre
français du CNA - Le Grand Théâtre de Québec
et le Théâtre du Trident
Des voix en quête de lieux:
Le Théâtre du Rideau Vert - Le Théâtre
du Nouveau Monde - Le Théâtre d’Aujourd’hui
- Au cœur de la création, en marge de l’institution
- Le Théâtre les gens d’en bas et le Théâtre
du Bic - Le Théâtre de la Manufacture et le Théâtre
la Licorne - La Nouvelle Scène et ses compagnies
Pour les acteurs:
Le Groupe de la Veillée et le Théâtre Prospero
- Le Théâtre de la Bordée - Le Théâtre
le Périscope et ses compagnies
EXPÉRIMENTER
L’expérimental:
Le Théâtre Espace GO - Espace Libre - Omnibus - Le
Nouveau Théâtre Expérimental - Carbone 14
et l’Usine C
Le laboratoire:
Le Théâtre Parminou - Le Théâtre les
Deux Mondes - Les Têtes Heureuses et le Petit théâtre
de l’UQAC - Ex Machina et la Caserne Dalhousie
Le studio:
Le Théâtre de Quat’Sous - Le Théâtre
l’Eskabel - Le théâtre l’Escaouette -
Le Petit Théâtre de Sherbrooke
Le théâtre de marionnettes:
Le Théâtre Sans Fil - Le Théâtre les
Amis de Chiffon et la salle Murdock - L’Illusion, Théâtre
de marionnettes et le Studio-Théâtre de l’Illusion
- Le Théâtre de la Dame de Cœur
EXPLORER
Centres et territoires:
Le Cercle Molière et le Théâtre la Chapelle
- L’UniThéâtre et le Théâtre de
la Cité francophone
Terrains de rencontre:
Le Théâtre du Nouvel-Ontario - Le Théâtre
populaire d’Acadie et le Théâtre du Centre
culturel de Caraquet
Le Théâtre La Seizième et le Studio 16
Espaces publics et collectivités:
La Compagnie Gilles-Provost et le Théâtre de l’Île
- L’Arrière-Scène et le Centre culturel de
Beloeil - Le Théâtre la Rubrique et la salle Pierrette-Gaudreault
- Les Productions À tour de rôle et le Studio du
Quai des Arts
Théâtre et spectateurs:
Le Théâtre Denise-Pelletier - La salle Fred-Barry
- La Maison Théâtre
Comme un état des lieux
Glossaire
Bibliographie
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Théâtres québécois et canadiens-français
au XXe siècle. Trajectoires et territoires (2003)

Collectif sous la direction de Hélène Beauchamp et
Gilbert David. Sainte-Foy (Québec) : Presses de l'Université
du Québec, 436 pages, ill. 2005 - Mention
d’honneur de l’Association de la recherche théâtrale
au Canada - Association for Canadian Theatre Research.
Où va le théâtre une fois la
représentation terminée? Qui en sont les dépositaires?
Qui peut en rendre compte, le dire, le raconter? Quels territoires
occupe-t-il? Art vivant, art de l’instant, il va sûrement
se loger dans la mémoire de ses spectateurs d’où
il ressurgira, transformé par ses témoins mêmes.
Transformé en ses témoins mêmes. Il existera
désormais de cette façon, et ceux que le théâtre
intéresse y auront accès à partir de ce que
la mémoire sensible de ces témoins en aura retenu
ou de ce que leur mémoire volontaire en reconstruira, à
partir également de ce qu’ils en raconteront, en mots,
en gestes, en images et en écrits de toutes sortes. Et même
là, ce n’est pas cet événement que ces
témoins raconteront mais ce qu’ils en ont perçu,
saisi, retenu, ce qui les a touchés et ce qu’ils veulent
ou peuvent en transmettre. Aussitôt terminée, la représentation
sera interprétée, traduite en d’autres signes
que les siens propres.
Le théâtre a eu lieu et il sera désormais
répercuté, de façon incertaine, parcellaire,
dans des récits où se mêlent l’impression,
l’analyse, la description, l’appréciation. Les
traces que la représentation aura laissées sur divers
supports et enregistrements en diront un peu plus sur elle d’un
point de vue technique mais retrouveront peu, sinon pas du tout,
l’émotion, l’atmosphère, les sensations
associées au spectacle vivant. Les maquettes, dessins, cahiers
de régie existeront séparément les uns des
autres alors que les couleurs, les volumes, les sons, les mouvements,
les lumières vivaient en symbiose sur la scène, dans
une même respiration. La partition écrite, publiée
ou non, attendra que de nouvelles voix la fassent vibrer.
Comment donc rendre compte du théâtre,
qui se joue toujours au présent? C’est en quelque sorte
le défi que choisissent de relever celles et ceux que la
recherche théâtrale passionne et qui, pour en parler,
se font tout à la fois et tour à tour anthropologues,
sociologues, historiens, conteurs, phénoménologues,
voire artistes. Plus encore, comment raconter un siècle de
théâtre en français, au Québec et ailleurs
au Canada? La communauté des chercheurs formée autour
de l’étude des théâtres québécois,
acadien et canadien-français s’est réunie les
23 et 24 novembre 2001, à l’invitation d’Hélène
Beauchamp et de Gilbert David et à l’occasion du 25e
anniversaire de fondation de la Société québécoise
d’études théâtrales, pour tenter, justement,
d’établir le bilan des recherches et des connaissances
sur ces théâtres au XXe siècle. Venus d’horizons
divers, les participants ont mis en commun les traces et les données
objectivement reconnaissables qu’ils avaient patiemment réunies
sur l’un ou l’autre des aspects de cet art complexe.
Parfois, la validation des faits étant problématique
en dehors de tout doute, c’est l’insaisissable sensation,
voire l’émotion esthétique ou le sentiment éthique
qui guidaient les analyses. Toujours, la rigueur et les exigences
complexes de la pensée étaient au rendez-vous. La
représentation théâtrale est un phénomène
qui, comme tel, demeure éminemment fluide : c’est aux
mots d’en tenter la traduction, aux chercheurs de la saisir
par des lectures interprétatives, et aux communautés
d’interprètes d’en assurer la transmission et
d’en débattre.
Chacun, chacune s’est fait relais du savoir
individuellement et collectivement acquis et a livré le résultat
de ses recherches en un récit informé. Petit à
petit, au fil des communications et des dialogues, sont apparus
les territoires et les trajectoires du théâtre au Québec,
au Canada francophone, en Acadie au XXe siècle. Nous avions
choisi d’ouvrir le temps par nos investigations, celui de
tout un siècle de manifestations, et c’est aussi tout
un continent qui est apparu. Le théâtre francophone
dans le siècle a pris, à notre belle surprise, une
envergure continentale : le temps et l’espace se sont conjugués.
Nous cherchions à identifier les dynamiques propres à
ce théâtre dans le siècle et nous avons découvert
ses lieux et ses espaces : territoires des imaginaires, des arts
et des techniques, de la langue, des écritures, de l’édition
et de la réception critique, de la formation et de la création;
vastes territoires des communautés minoritaires et des théâtres
de la marginalité, ceux aussi de l’institution et de
la professionnalisation d’un art désormais autonome.
Les articles de la première partie
abordent des aspects concrets de la production théâtrale,
aspects déterminants quant aux visions artistiques qui s’élaborent
tout au long du XXe siècle. Josette Féral situe la
pratique de la mise en scène au Québec avec l’évolution
de la pensée critique d’ici et d’ailleurs telle
qu’appliquée à ce domaine. Elle interroge les
moments de rupture de la mise en représentation, par le biais
de ceux qui en ont accompagné les mutations. Hélène
Beauchamp observe, pour sa part, que ce sont les artistes eux-mêmes
– comédiens, metteurs en scène puis scénographes
- qui, souhaitant maîtriser de mieux en mieux les conditions
d’exercice de leur art, ont voulu investir et aménager
des théâtres qui soient des lieux de création.
André Courchesne et Pierre Lapointe, dans l’une des
rares études sur cette question, font le point sur l'évolution
du rôle du gestionnaire de théâtre depuis 1945
et expliquent comment ce rôle a évolué en fonction
de la structure administrative des compagnies.
Lucie Robert, dans une étude des plus exhaustives,
pose pour la première fois la question du rôle de l’éditeur
dans la production théâtrale et brosse à grands
traits l’histoire de l’édition théâtrale
au Québec, repère ses départs, ses culs-de-sac
et ses difficultés particulières. Pour François
Paré, qui est à l’affût d’une théâtralité
qui passe de l’oralité à l’écriture,
c’est la question de la textualisation de l’œuvre
théâtrale qui est centrale. Il note que les liens étroits
entre le théâtre joué et édité
se sont progressivement à la fois problématisés
et institutionnalisés, les enjeux de l’édition
étant de faire en sorte que le texte écrit dépasse
les cadres de la production sur scène. Gilbert David estime,
pour sa part, que la critique dramatique fait partie de l’institution
théâtrale et qu’elle en est même un des
rouages essentiels. Les chercheurs ne sauraient renoncer à
faire l’analyse des textes de critique qui témoignent
« à chaud » de la réception d’un
spectacle. En tant que médiation, au sein de l’espace
public, entre le réel théâtral et la société,
les positionnements de la critique dramatique offrent un vaste champ
discursif qui ne demande qu’à être enfin prospecté.
La deuxième partie de l’ouvrage
aborde les questions de la langue et des dramaturgies, des esthétiques
et de l’éthique, des alliances inédites et des
défis que posent au théâtre les communautés
minoritaires. Quelles sont les influences qui ont marqué
la dramaturgie qui s’élabore tout au long du XXe siècle?
Pierre L’Hérault reconnaît que la question est
complexe surtout lorsqu'on la considère sous l’angle
de la reconfiguration constante de notre espace collectif. Il a
cherché à définir l’américanité
et à décrire les modalités de son expression
dramaturgique, ce qui a donné lieu à plusieurs variations
qu’il place dans une perspective diachronique. Dominique Lafon
propose une approche tout à fait inusitée de la langue
au théâtre, non plus le joual comme symbole de la détérioration
ou de l’aliénation de la culture québécoise,
mais la « langue-à-dire » comme «langage
dramatique spécifique», comme «poétique
originale».
Pour les chercheurs de l’Ouest et de l’Est
canadiens, il importe de revenir aux récits fondateurs. Lise
Gaboury-Diallo raconte la fondation et l’affirmation des compagnies
de théâtre de l’Ouest pour conclure à
l’émergence actuelle, dans la communauté franco-manitobaine,
d’un nouveau théâtre, subversif, qui bouleverse
l’ordre attendu des choses. David Lonergan s’arrête,
lui, à l’écriture et aux auteurs de l’Est
acadien, en insistant sur l’importance d’une parole
dont il souhaite voir se multiplier les manifestations sur ce vaste
territoire. Stéphanie Nutting et Pascal Riendeau examinent
l’œuvre de deux auteurs dont l’écriture
s’affirme : Carole Fréchette et Alexis Martin. Stéphanie
Nutting constate que Fréchette, en congédiant l'esthétique
réaliste en faveur d'une esthétique (post)moderne,
se situe au croisement d'une modernité qui convoque un parcours
orienté sur l'expérience (ou le vécu) au féminin.
Pour Pascal Riendeau, Alexis Martin est une figure émergente
du théâtre québécois et il montre comment
son texte, Matroni et moi, met en scène la relation étroite
entre l’idée d’une nouvelle éthique et
la comédie noire, le tout sous les allures de l’autodérision
la plus loufoque.
La troisième partie du recueil
est entièrement consacrée aux questions de l’institutionnalisation
et de la professionnalisation de la pratique dramatique et théâtrale,
mais aussi de la formation qui en assure la continuité tout
autant que la contestation. Pour Jean Cléo Godin, la construction
d’une institution théâtrale a partie liée
avec la fréquentation d’un répertoire (quel
qu’il soit) et, à partir de son analyse des saisons
et de la programmation du Théâtre Arcade, il en situe
la période charnière, pour le Québec, entre
1940 et 1950. L'éclosion et le maintien d'un théâtre
de création d'expression française dans l'Ouest est,
pour Roger Parent, la seule façon d’appuyer le combat
des «cultures en périphérie» pour un accès
légitime à des moyens de production. Il faut pour
cela un lieu de formation professionnelle adéquat et une
pédagogie qui libère la créativité.
Sensible au travail de l’acteur interprète et de l’acteur
créateur, Irène Roy se propose de solliciter le témoignage
des actrices et des acteurs sur la formation en jeu qu'ils ont reçue.
Pour Janusz Przychodzen, c’est précisément la
remise en question des programmes de formation de l’acteur
dans les années 1970 qui a entraîné des changements
au niveau de l’institution théâtrale, changements
qui se sont affirmés à partir du refus des modèles
anciens et de la légitimation de la dissidence. Yves Jubinville,
pour sa part, invoque le concept de marginalité au théâtre,
concept qui permet de mettre en lumière les fonctionnements
et dysfonctionnements de l’institution théâtrale
actuelle. Il s’intéresse à cette dynamique qui
met aux prises, dans le cadre d’une lutte pour le capital
symbolique du théâtre, les détenteurs des positions
dominantes dans le champ théâtral et ceux qui sont
à sa marge.
La quatrième et dernière
partie de l’ouvrage s’ouvre sur une question
fondamentale : comment peut-on, doit-on, mettre le théâtre
en récit? Jean-Marc Larrue rappelle les dernières
25 années de recherche et de publication sur le théâtre
: la fondation de la Société d’histoire du théâtre
du Québec en 1976 (devenue la Société québécoise
d’études théâtrales), le lancement des
Cahiers de théâtre Jeu (1976) et de L’Annuaire
théâtral (1985) ainsi que la publication du Théâtre
canadien-français, premier ouvrage de synthèse sur
l’histoire du théâtre au Québec et au
Canada francophone (1976). Sa question touche le fondement même
de l’activité de l’historien mais également
la place de l’art et de l’écriture chez ceux
qui «traduisent» la pratique scénique des artistes
du théâtre. La recherche côtoie la création
et pourrait se laisser tenter par elle. L’histoire et l’analyse
du théâtre canadien-français, pour Joël
Beddows, sont le fait des communautés d’interprètes
que constituent les chercheurs, et des façons dont ils s’y
prennent pour l’écrire et la raconter. Héritier
des canons de la tradition européenne et de l’industrie
américaine, cet art s’est affirmé en assumant
les particularités du vaste espace culturel pan-canadien
et de son histoire, commune aux francophones du Canada et de l’Amérique
du Nord — mais une histoire qui reste encore à écrire.
Alvina Ruprecht nous entraîne, avec une brève
escale new-yorkaise, vers la région caribéenne dont
les théâtres de langue française « ont
des affinités surprenantes avec un certain théâtre
québécois des années 1970 ». Il nous
faut, propose-t-elle, repenser, voire remettre en question notre
manière d’envisager la réalité théâtrale
du Québec et du Canada francophone, puisque celle-ci s’inscrit
dans la mouvance post-coloniale qui affecte l’ensemble des
théâtres francophones des Amériques. Alain-Michel
Rocheleau invite pour sa part les chercheurs à adopter une
pluralité de points de vue sur un objet par définition
complexe, alors que Chantal Hébert, en s’appuyant sur
les réalisations en études théâtrales
au cours des vingt-cinq dernières années et en effectuant
un retour sur le colloque des 23 et 24 novembre, propose de continuer
de construire l’histoire de notre théâtre tout
en mettant en place les échanges nécessaires dans
un dispositif d'interactivité générant des
réseaux de chercheurs. Invitation est ainsi lancée
aux nouveaux chercheurs pour qu’ils se manifestent haut et
fort.
Toute démarche de recherche, individuelle
ou en équipe, ne peut se développer à long
terme sans le soutien des institutions universitaires et des organismes
qui attribuent des fonds à des projets, soumis à des
jurys de pairs. Nous remercions celles et ceux dont l’appui
financier a permis la tenue de ce colloque, si riche en rencontres
et en dialogues, un colloque qui a contribué à ouvrir
les territoires de la francophonie nord-américaine à
l’investigation des chercheurs en théâtre de
partout au Canada. Ces partenaires auront ainsi permis de préparer
cet ouvrage qui, nous l’espérons, contribuera à
ce que les trajectoires croisées du théâtre
et de la recherche se multiplient.
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Les théâtres professionnels
du Canada francophone: Entre mémoire et rupture

sous la direction de Hélène Beauchamp et Joël
Beddows
(2001) Ottawa: Les Éditions du Nordir. 302 pages
ISBN 2-89531-013-0
Depuis une trentaine d'années, au Canada
francophone, se sont produits dans toutes les sphères du
quotidien des événements qui ont bouleversé
les espaces vitaux et les imaginaires, le plus important d'entre
eux étant l'affirmation d'une différence fondamentale
entre les communautés canadiennes-françaises et le
Québec. Que ce soit par le biais du politique, du social
ou du culturel, des moments d'effervescence ont précédé
et suivi des moments de rupture annonciateurs de transformations.
Ces événements, et d'autres encore, ont faconné
le théâtre ainsi que le travail des artistes et des
compagnies qui le créent, le produisent et le gèrent.
Quel est ce chemin parcouru et quelle est la situation du théâtre
et des théâtres francophones au Canada en ce début
de millénaire? Comment le théâtre et ceux qui
le font en région, dans des contextes culturels et linguistiques
minoritaires, ont-ils réussi à tisser des liens créatifs
entre la tradition et la modernité, entre la mémoire
et l'innovation, entre le lieu d'appartenance et l'universel? Comment
le théâtre et ceux qui le font au Canada francophone
- artistes et compagnies - se préparent-ils à s'inscrire
dans des processus renouvelés de création et de production?
Le présent recueil de textes propose des
réflexions, des analyses et des témoignages où
des observateurs et des acteurs de la scène théâtrale
font le point sur la situation des pratiques théâtrales
au Canada francophone et sur les conditions de leur professionnalisation
croissante. Les articles réunis dans cet ouvrage proposent
une lecture historique des événements, une lecture
doublée d'analyses. Chacun d'entre eux est un véritable
tour de force parce que l'histoire de ces théâtres,
dans plusieurs des cas exposés ici, n'est portée que
par les mémoires individuelles. Écrire l'histoire
et, en même temps, la mettre en perspective! De Moncton à
Vancouver. S'arrêter, le temps d'un questionnement sur les
conditions de la création et de la production théâtrales
au Canada francophone.
Qu'est-ce qu'une pratique artistique et qu'est-ce
qui détermine sa qualité professionnelle? Qu'est-ce
qui donne à un acte de création la visibilité
dont il a besoin pour exister: une communauté, des spectateurs?
Qu'est-ce qui offre aux artistes du théâtre la permanence
et une structuration efficace de leurs efforts: un lieu? une administration
perspicace? Quel est l'impact des textes joués selon qu'ils
sont empruntés, traduits ou créés dans un processus
intégré de développement des dramaturgies spécifiques?
Ces questions, d'autres encore, soutendent les textes qui suivent.
Table des matières:
H. BEAUCHAMP, J. BEDDOWS - Des théâtres entre mission
communautaire et mandat artistique
I. HISTOIRE ET PARCOURS
David LONERGAN - L'émergence du théâtre professionnel
en Acadie:
le Théâtre populaire d'Acadie et le Théâtre
l'Escaouette
Joël BEDDOWS - Tracer ses frontières: vers un théâtre
franco-ontarien de création à Ottawa
Joël BEDDOWS - Le Théâtre du Nouvel-Ontario
au coeur des années 80: une structure professionnelle pour
des artistes créateurs
Entrevues avec Brigitte Haentjens, Paulette Gagnon et Jean Marc
Dalpé
Catherine GRAHAM - Le Théâtre français de
Toronto: des ententes fragiles entre un théâtre et
sa communauté
Lise GABOURY-DIALLO et Laurence VÉRON - De l'audace, toujours
de l'audace: le théâtre franco-manitobain du Cercle
Molière
Louise FORSYTH - La Troupe du Jour de Saskatoon: une compagnie-
laboratoire
France LEVASSEUR-OUIMET et Roger PARENT - Un désir d'autonomie
artistique et un besoin d'identité culturelle: l'enjeu
du théâtre d'expression française en Alberta
BEAUCHAMP, Hélène avec la participation de Hamida
Bendriss et Thérèse Champagne -
Un théâtre aux couleurs de ses directions artistiques:
le Théâtre la Seizième
II. SITUATION DES PRATIQUES ARTISTIQUES
Patrick LEROUX - Les alliances stratégiques dans le théâtre
francophone au Canada
Louise LEMIEUX - Le parcours exemplaire de Viola Léger
ou Comment vivre de son métier en région
Moira DAY - Passer les frontières. Traduire afin de bâtir
des ponts communautaires
III. ÉCRITURES D'AFFIRMATION ET D'EXIL
Glen NICHOLS - Le miroir refait. L'affirmation de la culture
acadienne dans les pièces d'Herménégilde
Chiasson
Dominique LAFON - Michel Ouellette: les pièges de la communalité
Stéphanie NUTTING - Entre chien et homme: l'hybridation
dans Le Chien de Jean Marc Dalpé
Mandats des associations et des compagnies francophones du Canada
actives en l'an 2000
Collaborateurs et collaboratrices
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Le Théâtre canadien-français

Archives des lettres canadiennes, tome V.
(1976) Montréal: Fides. 1976, 1005 pages.
Comité de direction avec Bernard Julien et Paul Wyczynski.
ISBN 0-7755-0583-8
Ce livre se compose de sept sections:
Panorama du théâtre canadien-français, ses
origines, Vers une tradition théâtrale, Profils d'auteurs
dramatiques, Étude et analyse de quelques pièces récentes,
Témoignages sur le théâtre québécois,
Bibliographie
Rédaction d'articles:
«La Vie théâtrale à Montréal de
1950 à 1970: théâtres, troupes, saisons, répertoires»
(267-290)
«Notes sur les troupes du théâtre dans l'Outaouais»
(443-450)
et
«Témoignages sur le théâtre québécois.
Enquête littéraire réalisée auprès
des écrivains, des metteurs en scène, des comédiennes
et comédiens, des décorateurs, costumiers et musiciens»
(717-948)
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Articles:
«Theatre of Commitment in Francophone Canada»
2001 Canadian Theatre
Review, no 108, Fall 2001. p. 83-85 ISSN: 0315 - 0836
«Les 15 jours de la dramaturgie des régions»
in
(2000) Canadian Theatre Review, number 102, Spring, p. 80-82. ISSN:
0315 - 0836
«Francophonie canadienne en Outaouais - Les 15 jours de la
dramaturgie des régions»
(1999) Les Cahiers de théâtre Jeu inc. no, 93, p. 111-117.
ISSN : 0382 -0335
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